dimanche 17 mars 2019

CAHIER DE DOLÉANCES ET REMONTRANCES

DE LA PAROISSE DE CHAMPCEVINEL (1789)

cahier de doléances

 - Cette paroisse dont le sol montueux, pierreux et sablonneux, en un mot de la nature la plus ingrate, dépouillée de bois, privée de fourrage, obérée de dettes foncières, soit ecclésiastiques, soit laïques et surchargées d’impositions et possédée en majeure partie par des seigneurs puissants et privilégiés qui cotisés sur un Rôle particulier dans la ville de Périgueux laissent supporter au reste de la Paroisse toute la capitation (impôts directs) à laquelle elle est imposée et par là, les petits propriétaires ou le malheureux cultivateur se trouvent payer toute l’imposition, alors qu’ils ne possèdent pas le quart des propriétés.
- A ce fléau, il s’en joint un second qui en est même la suite, la capitation exorbitante qui se trouve versée en entier sur cette dernière classe, les mettant dans l’impossibilité de payer : ils ont tous les mois des contraintes que les Receveurs envient aux syndics, et dont les frais doublent quelquefois l’imposition, ce qui la met dans la cruelle alternative ou de vendre le peu de blé destiné à leur substance, ou de voir enlever impitoyablement leurs misérables meubles.
- Un troisième les suit de près, ne trouvant pas de quoi se sustenter et payer l’impôt, dans le revenu de son peu de biens, elle est forcée d’en abandonner ou d’en négliger la culture pour chercher sa subsistance dans un travail étranger.
- Enfin un quatrième, nombre de malheureux que le travail effraie, que les maladies, les infirmités et la vieillesse assiègent, ne trouvant pas dans le sein de leur digne pasteur réduit à sa portion congrue, tous les secours que son cœur paternel  désirerait leur donner et qui leur seraient nécessaires se répandent dans ladite paroisse et sont une nouvelle charge pour elle.

NOTA : Ce texte ne constitue qu’une introduction démontrant l’état précaire des paysans Champcevinellois en 1789. A signaler qu’à cette époque, Champcevinel était dépouillé de ses bois. Cela n’a en faits, rien de surprenant ! L’unique matière combustible pour se chauffer comme pour préparer les repas, c’était le bois. De plus, celui-ci restait la matière première pour fabriquer les barriques, les charrettes, les outils et souvent même les abris des hommes et des troupeaux. Dans de telles conditions on comprend les besoins de ces hommes et de ces femmes et pourquoi au cours de ces temps la paroisse se retrouvait "dépouillée de ses bois".

CHAMPCEVINEL - CAHIER DE DOLÉANCES - © BERNARD PECCABIN
Reportage photo sur une commune du Périgord Blanc quelques années avant le deuxième millénaire
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Posté par Bernard PECCABIN à 18:20 - - Commentaires [0] - Permalien [#]