mardi 12 janvier 2016

CRASH D’UN AVION SUR BORIE-BRU LE 5 AOÛT 1944

UN MOSQUITO ANGLAIS S'ECRASE A BORIE BRU

mosquito à Borie Bru

Borie-Bru et pylone électrique qui sera touché par l'avion (montage photo)

- Revoir ma 8° balade (son parcours)
- Visiter Pareynou
- Visiter Puyfaucon

- Visiter Borie-Bru

- Nous sommes le 5 août 1944 et personne ne sait que deux semaines après, Périgueux sera libéré (le 19 août 1944). Voilà deux mois déjà que les alliés progressent et font reculer les défenses allemandes installées en France. Rennes, Saint-Malo, Vannes et Nantes sont aux mains de l’armée US. La Résistance tente partout de couper la retraite des allemands par de violentes actions.
- Champcevinel est aux mains de l’occupant nazi, mais ce jour-là en Grande Bretagne, à Prédannack (près de la ville de Mullion), plusieurs équipages de la Royal Air Force, sont parés pour partir faire sauter des objectifs allemands en France. Prédannack est un aérodrome ouvert en Cornouailles depuis mai 1941. Avec le débarquement en Normandie, il est devenu une plaque tournante sur toute l’Europe de l’ouest avec plus de 3600 employés sur ce site, chargés de préparer les bombardiers partant en opération.

vue aérienne de 1945

Vue aérienne de 1945 : La photo ci-dessus nous montre comment était la nature des lieux lors de la libération. C’est la physionomie que le pilote du mosquito a dû avoir sous ses yeux avant de s’écraser… Les bois occupaient une zone importante avec très peu d’habitations. Au fond du vallon, le chemin de terre qui menait à Agonac, empruntait tantôt le côté gauche du vallon, tantôt le côté droit. Le lieu précis du crash est matérialisé par une étoile rouge. Pour se repérer, on retrouve en 1 le hameau du Bost, en 2 le château de Borie Brut, en 3 le hameau de Touvent, en 4 celui de Foncrose, en 5 la ferme de Puyfaucon, en 6 les Sarthes tandis que la flèche rouge matérialise le carrefour du Bost avec Borie Bru, près de la ferme Horeau qui n’existait pas encore…

mosquito en vol

- Ce 5 août 1944, trois appareils chasseurs-bombardiers "mosquito" décollent pour une recherche de cibles dans la région de Périgueux. Les avions équipés de moteurs Rolls-Royce font que ces appareils peuvent voler à 10 520 mètres d’altitude, à une vitesse de 612 km/h et sur un rayon d’action de 2 300 km. Six cent km environ séparent Prédannack de Périgueux, soit aller et retour près de 1200 km. Les appareils sont équipés de quatre mitrailleuses de 7,7 mm et quatre canons de 20 mm plus une charge de 900 kg de bombes. Les avions sont commandés respectivement par les officiers pilotes Green, Sturrock et Wraight. En fin d’après-midi et arrivant par l’ouest, les trois mosquitos sèment la panique le long de la vallée de l’Isle. Ils mitraillent un train de renfort allemand entre Saint-Astier et Razac avant de gagner Périgueux. Ils survolent la ville et surtout les ateliers SNCF du Toulon. Les avions auraient largué des tracts, et selon quelques sources une bombe sur une maison du quartier. La DCA allemande les attend et touche sérieusement un des trois appareils.

 

vallon du crash à Borie-Brut

Le mosquito est tombé dans ce vallon à hauteur des deux pins

- L’avion touché volant trop bas ne peut faire sauter son équipage en parachute et tente un atterrissage forcé. L’avion largue ses bombes au-dessus de la Séparie (commune de Champcevinel), décrit un arc de cercle, touche un poteau électrique à Borie-Bru et s’écrase dans le vallon qui sépare Borie-Bru de Puyfaucon, tuant ses deux membres d’équipage, l’officier Alan Ernest Wraight (23 ans) originaire de Southampton et son navigateur le sergent John Leslie Wilson (28 ans) de Manchester.

restes du mosquito

Restes de l'avion repérés en 2015

- On ne sait pas ce qu’est devenu l’avion de l’officier Sturrock, qui n’a jamais été retrouvé. Quant au troisième appareil, celui de l’officier Green, aucune information n’a été trouvé ne serait-ce que pour savoir si cet appareil a regagné l’Angleterre après sa mission. Sur ce lien, vous trouverez un vague témoignage, qui souligne un hypothétique parachutage sur la Roussie avec récupération des équipages par la Résistance (réseau Sanson), mais rien n’est clair sur ce sujet…

lieu précis de l'impact

Lieu précis du crash aujourd'hui (c'est sous les feuilles qu'on a retrouvé les morceaux de ferrailles)

- Champcevinel a donc connu au cours de la guerre cet évènement, mais aussi celui de la déportation de son ecclésiastique, l’abbé Boisseuilh dont vous trouverez son histoire en cliquant sur ce lien. Près de la commune, le hameau des Piles a été victime de la barbarie des nazis, le 12 juin 1944. Douze otages y ont été exécutés dont Valentine Bussière agent de liaison de l’Etat-Major FTP Nord-Dordogne. De même, plusieurs fois l’armée allemande a menacé de nombreux résidants du bourg de Champcevinel. Appuyés contre le mur de l’église, ils étaient mis en joue lors des fouilles des troupes nazies dans les habitations du bourg, suite à des dénonciations ou à des actes de la résistance.

In mémoriam

- Jean Horeau dernier agriculteur de la commune, nous a indiqué le lieu précis du crash de l’avion anglais. Aujourd’hui, il ne reste que quelques morceaux de ferrailles de ce bombardier dont les morceaux ont été volés, voire exposés au musée militaire de Périgueux, sans parler de l’hélice qui trône sur une stèle. Vous trouverez cette dernière, à l’angle de la rue Louis Aragon et de l’impasse qui porte désormais le nom de cet équipage courageux.

CHAMPCEVINEL – BORIE BRUT ET SON CHATEAU - © BERNARD PECCABIN
Reportage photo sur une commune du Périgord Blanc quelques années avant le deuxième millénaire
Cliquez ici pour retrouver la page accueil de "Parcourir Champcevinel"

Prochaine étape : Le Bost et le plateau de Borie-Bru

Posté par Bernard PECCABIN à 17:37 - - Commentaires [1] - Permalien [#]