Madeleine Bretou : (Source : Champcevinel le chemin parcouru de Christiane Piboyeu)

- Pendant plus de 50 ans, elle a consacré son activité à s’occuper des enfants de la commune, en leur servant dès les années 1930, une soupe chaude en hiver, puis à compter de 1944, un repas complet tous les jours de classe.
- Madeleine Bretou, une vieille dame charmante, alerte et menue, à l’œil brun encore vif, avoue avec fierté bien légitime ses 86 ans* Elle nous parle de ses trois enfants, neuf petits-enfants et douze arrière petits enfants, dont l’aîné a déjà 22 ans*.
(*) (livre écrit en 1992).

Mme Bretou

- En 1928, avec son mari, elle prend la suite du café restaurant tenu autrefois par "Julou", au sujet duquel elle nous glisse une anecdote… Celui-ci organisait en son temps les bals du dimanche et à l’occasion d’une grande messe, des petits objets religieux avaient été distribués aux fidèles. Exceptionnellement Julou assistait à l’office. Au cours du sermon, Monsieur le curé se met à exhorter les jeunes de s’abstenir d’aller danser durant les périodes de certaines fêtes religieuses. Il ajoute même que le bal n’est pas une saine distraction. Toujours est-il que lorsque notre Julou entend ces paroles proférées sur un ton comminatoire, il jette rageusement la statuette qui se brise à la consternation de l’assistance atterrée par tant d’audace…
- Mme Bretou ne se souvient pas de la suite qui fut donnée à l’incident, mais on en parla toute la semaine qui suivit… Au cours de la conversation, elle cite avec beaucoup de respect le nom des quatre maires dont elle a connu les mandats : M. le baron de Chasteigner, Monsieur Tanneux, Monsieur Simonet et Monsieur Bernardin.
- "Tous très bien, dit-elle, très droits…"
- Toutefois elle avoue avoir eu quelques mots avec l’un d’eux qui, selon elle, ne mettait pas assez d’empressement à la réalisation de la cantine scolaire qui était toujours à l’état de projet.
- Elle l’eut enfin sa cantine, en 1944. Pour faciliter la chose, elle mit sa grande salle à la disposition de la municipalité et fut bientôt en mesure d’offrir aux écoliers, de vrais repas pendant la période scolaire.
- Bientôt, à l’exploitation du restaurant, se cumula celle du débit de tabac, et plus tard, elle géra la cabine téléphonique. Notre ancienne amie prétend n’avoir servi que des enfants sages qu’elle récompensait en leur distribuant des bonbons qui étaient à la vente avec le tabac et elle admet volontiers qu’en procédant ainsi, sa marge bénéficiaire sur la confiserie était plus que réduite.
- En fait, elle a donné beaucoup d’elle-même et de son temps à deux générations de Champcevinellois qui lui ont gardé de la gratitude.
- Madame Bretou reconnaît qu’elle ne s’est jamais enrichie mais qu’elle a tenté de dispenser un peu plus de bien être à tous ces gosses… et si on en juge par l’affection respectueuse que lui témoigne une grande partie des habitants du village, elle a pleinement réussi… Depuis, l’école de la commune porte son nom et cela est amplement mérité.

CHAMPCEVINEL - MADELEINE BRETOU - © BERNARD PECCABIN